
À l’occasion des élections consulaires, La Gazette de Miami poursuit sa série de rencontres avec celles et ceux qui s’engagent pour représenter les Français de Floride. Aujourd’hui, place à Thierry Bilbault, candidat avec la liste Renaissance–MoDem.
Derrière l’étiquette politique, c’est avant tout un parcours, une histoire personnelle et une vision que nous avons voulu découvrir. Installation aux États-Unis, lien avec la France, motivations profondes : Thierry Bilbault se prête au jeu des questions avec simplicité et transparence, Une interview sans détour, pour mieux comprendre l’homme derrière le candidat.
Thierry, avant de parler de votre candidature, nous aimerions en savoir plus sur vous. Votre parcours est assez singulier. Avant les États-Unis, d’où venez-vous et que faisiez-vous ?
Je viens de Nevers, dans la Nièvre, où mes parents étaient commerçants. Je suis parti très tôt aux États-Unis, juste après l’obtention de mon diplôme à l’université de Clermont-Ferrand, pour poursuivre par un post-doctorat à l’université de l’Utah à Salt Lake City. Des opportunités professionnelles se sont ensuite présentées et j’ai débuté ma carrière dans l’industrie pharmaceutique à San Diego, pour terminer mon parcours, près de quarante ans plus tard, ici en Floride, à Sunny Isles Beach, où nous résidons depuis 2020 avec mon épouse Jana (originaire de Bratislava, en Slovaquie). Ma fille Olivia, née aux États-Unis (New Jersey), poursuit ses études à New York, où elle prépare un Master of Science in Publishing à Pace University après un Bachelor en journalisme obtenu à New York University (NYU).

Comment passe-t-on de la science à l’engagement pour la communauté française à l’étranger ?
Le fil conducteur entre un parcours scientifique au sein de l’industrie pharmaceutique et l’engagement pour la communauté française, c’est la notion de service aux autres. Le service aux patients, d’abord, pour leur apporter innovation technologique, nouvelles molécules et traitements. Le service aux équipes, ensuite, en tant que cadre dirigeant, pour les encadrer avec humilité et leur offrir un environnement propice au coaching et au mentorat, afin de soutenir leur développement personnel et professionnel. Ces deux dimensions ont été les précurseurs du service que je souhaite aujourd’hui apporter aux membres de nos communautés et à nos concitoyens.
Vous vivez aux États-Unis depuis de nombreuses années. Qu’est-ce que cette expérience américaine vous a appris, personnellement et professionnellement ?
Cette expérience m’a appris à prendre des risques calculés et à ne pas hésiter à changer de rôle ou d’environnement professionnel, personnel ou géographique que ce soit en France, aux États-Unis, au Canada ou en Suisse. Ces transitions ont été extrêmement enrichissantes : elles m’ont enseigné qu’en déménageant fréquemment, il est indispensable de s’adapter, de s’intégrer, d’être ouvert et capable d’apprécier les différences sans les juger. J’ai également découvert aux États-Unis une culture du bénévolat très développée, portée par un sens aigu de la responsabilité civique locale, qui continue de m’inspirer et de me motiver à m’impliquer personnellement.
Qu’est-ce qui vous a le plus surpris en arrivant aux États-Unis ?
La facilité des contacts et des échanges, sans égard rigide pour la hiérarchie en entreprise, l’origine ou le parcours de chacun. La capacité à rebondir en cas d’obstacle, à utiliser les échecs et les difficultés comme tremplin pour saisir de nouvelles opportunités. Je n’oublie pas non plus la nécessité d’apprivoiser les distances et les dimensions des États : lorsque je vivais au Texas, environ une fois et demie la superficie de la France, il m’arrivait de conduire pendant des heures, de Dallas jusqu’à la frontière mexicaine, ne croisant pendant tout ce temps que des « tumbleweeds » traversant la route, comme dans les westerns de notre enfance.
Aujourd’hui, vous vous décrivez comme un jeune retraité très actif à Sunny Isles. À quoi ressemble une journée type pour vous ?
Ma journée commence par une marche au bord de la plage pieds nus, pour bénéficier des bienfaits de la connexion à la terre avec un regard attentif vers le soleil levant (avec précaution, mais c’est un rituel essentiel pour ancrer notre horloge biologique et optimiser nos performances).
Je consacre ma matinée à m’informer : chaînes françaises d’actualité, journaux, magazines, podcasts économiques et politiques variés, nouvelles des groupes et communautés françaises de Floride, ainsi qu’aux avancées scientifiques dans des domaines thérapeutiques auxquels j’ai pu contribuer néphrologie, maladie de Parkinson, maladies neurodégénératives et, plus que jamais, au suivi quotidien des nouvelles technologies dans le domaine de la longévité. Le sport journalier est également incontournable : squash, tennis, course à pied, yoga, vélo sans oublier les rendez-vous communautaires et les échanges sociaux.
Qu’est-ce qui vous anime encore aujourd’hui, après un parcours déjà bien rempli ?
La curiosité scientifique et la soif d’apprendre sont de grandes sources de motivation. Je suis très investi dans le domaine de la longévité, convaincu que les progrès à venir grâce à l’intelligence artificielle, aux nouvelles technologies, aux investissements croissants et à l’explosion des connaissances, nous permettront de vivre plus pleinement et plus longtemps en bonne santé. N’oublions pas que Jeanne Calment, doyenne de l’humanité, était française : elle a vécu 122 ans et 164 jours.
Pourquoi avoir décidé de vous lancer dans ces élections consulaires ?
J’ai décidé de me lancer dans ces élections consulaires car je souhaite mettre ma nouvelle disponibilité depuis avril de l’an dernier, mon temps et mon énergie au service de notre communauté et de nos concitoyens.
Ayant bénéficié et apprécié les services consulaires et communautaires tout au long de mes quarante années d’expatriation, il me semble naturel de m’investir et de contribuer, dans la mesure de mes moyens, au service de nos compatriotes.

Vous vous présentez sous l’étiquette Renaissance-MoDem. Qu’est-ce que cela signifie concrètement dans votre engagement local ?
Cette étiquette représente pour nous la volonté concrète de rassembler, au sein de notre circonscription, les sensibilités modérées et éloignées des extrêmes à l’image de notre groupe parlementaire, qui fédère des valeurs communes tout en reconnaissant et acceptant les différences.
Concrètement, nous sommes des interlocuteurs privilégiés de nos élus parlementaires représentant les Français de l’étranger, ce qui nous permettra d’engager des discussions concrètes et de porter directement les demandes de nos concitoyens.
Pouvez-vous nous parler de votre liste et des colistiers qui vous accompagnent dans cette campagne ?
Notre liste réunit des entrepreneurs, des enseignants, des parents d’élèves, des retraités et des cadres implantés sur l’ensemble de la Floride, de Miami à Tallahassee en passant par Fort Myers et Orlando. Nous sommes des Français qui connaissent, par expérience, les réalités du quotidien en Floride : les délais pour obtenir un passeport lorsqu’on habite à plusieurs centaines de kilomètres de Miami, la complexité de la fiscalité franco-américaine, la difficulté de scolariser ses enfants en français en dehors du sud de la Floride, ou encore les défis que rencontrent les entrepreneurs français pour s’installer et développer leur activité face aux démarches administratives. Des candidates comme Vanessa Deas, qui accompagne des Français dans leur installation depuis plus de dix ans, Irène Assatiani-Crevaux, qui a elle-même construit sa vie entre plusieurs continents, ou James Vineau, qui a travaillé aux îles Vierges américaines et aux Antilles (Guadeloupe, Martinique, Porto Rico), connaissent les réalités de l’expatriation de l’intérieur.
Nous avons également recherché la complémentarité des expertises : un ex-scientifique de l’industrie pharmaceutique, une doctorante en sécurité internationale, un entrepreneur du numérique, une investisseuse spécialisée dans l’installation des Français ici, un chercheur de l’université de Floride ancré dans les communautés locales, une cheffe d’entreprise au parcours transcontinental et un ingénieur expert en transports publics. Des profils différents, des réseaux différents, qui parlent à l’ensemble de notre communauté.
Qu’est-ce qui fait, selon vous, votre singularité par rapport aux autres candidats ?
Ma singularité et ma force résident dans ma disponibilité totale et ma mission unique, me mettre au service de nos concitoyens.
Je ne conçois pas le rôle de Conseiller des Français de l’étranger comme une fonction honorifique et peu présente, sauf en période électorale, mais comme une mission essentielle pour répondre aux attentes de nos compatriotes et communiquer de manière proactive et régulière sur les sujets qui nous concernent tous dans notre circonscription. Mes autres atouts sont mon expérience opérationnelle, qui me permet de proposer des actions concrètes et des solutions face aux difficultés rencontrées par nos concitoyens, ainsi que la capacité d’écoute que j’ai développée au fil des années, dans des contextes environnementaux, socio-économiques, politiques et démographiques très variés.
Quelles sont aujourd’hui les priorités pour les Français de Floride selon vous ?
Les priorités et attentes des Français de Floride sont bien connues et récurrentes depuis des années : l’accompagnement administratif et consulaire au quotidien, une protection sociale renforcée, notamment pour les seniors et le tissu associatif, un soutien à l’emploi et à l’entrepreneuriat (installation, visas, fiscalité), et une présence visible des CFE sur l’ensemble du territoire consulaire.
Ce qui me frappe davantage lors de mes rencontres récentes avec nos concitoyens, c’est l’inquiétude suscitée par l’évolution des positions de l’administration américaine sur la gestion des visas et des services d’immigration, ainsi que les incertitudes géopolitiques actuelles. De même, les questions relatives à un éventuel retour en France et à l’aide au retour semblent sensiblement plus nombreuses ces derniers temps.
La communauté française ici est très diverse et répartie sur un territoire vaste. Comment comptez-vous rester proche de tous ?
Mes déplacements pour rencontrer mes colistiers et mieux cerner les attentes de nos concitoyens me permettront d’être présent de la côte Est à la côte Ouest, de Fort Myers à Orlando. Par ailleurs, l’une de nos propositions est de publier une note mensuelle afin d’informer l’ensemble de nos concitoyens et de rester accessible à toutes et à tous.
Nous avons appris qu’il n’y aurait pas de bureau de vote physique à Orlando et Tampa. Êtes-vous l’un des candidats ayant déposé un recours à ce sujet, et quelle est votre position sur cette décision ?
Compte tenu du faible taux de participation aux élections consulaires, moins de 15 % des électeurs ont voté lors du dernier scrutin en 2021et du recours très limité au vote en personne, puisque plus de 90 % des votes sont effectués par Internet, une présence physique à Orlando et Tampa ne me paraît pas indispensable (souhaitable, certes, mais pas essentielle). En revanche, les déplacements et permanences du consulat et des élus demeurent indispensables et pas seulement en période électorale.
Avec votre parcours scientifique, avez-vous une manière différente d’aborder les problématiques consulaires ?
Mon expérience et mon parcours continueront de guider mes recommandations et mes décisions : un pragmatisme fondé sur des données claires et fiables, plutôt que sur de simples ressentis ou des demandes non étayées.
Comment voyez-vous évoluer la communauté française en Floride dans les prochaines années ?
J’anticipe une demande croissante de la part de la communauté française pour les services et le soutien du consulat et des CFE, face aux incertitudes et aux problématiques à venir, coût de la vie, protection sociale des personnes vulnérables, emploi, visas plus complexes à obtenir, réflexions sur un retour en France. Notre mission et notre disponibilité totale seront plus que jamais essentielles dans les années à venir.
En dehors de votre engagement, qu’est-ce qui vous passionne aujourd’hui dans votre vie à Sunny Isles ?
Les sources de motivation ne manquent pas à Sunny Isles et en Floride. J’attends avec impatience le Miami Film Festival en avril et notamment le film français La Venue de l’Avenir, le Grand Prix de Formule 1 début mai, ma participation comme volontaire à la prochaine Coupe du Monde FIFA pour accueillir supporters et compatriotes au Fan Fest de Bayfront Park, les prochains tournois de tennis en double mixte avec mon épouse, les évolutions de l’écosystème scientifique et pharmaceutique avec le Miami Biotech Collective, les conférences sur la longévité, et ma participation au réseau scientifique de l’ambassade de France aux États-Unis, pour structurer les collaborations et mobilités franco-américaines.
Et la France ? Elle vous manque ?
Oui, la France me manquera toujours, ma famille et mes amis de Clermont, avant tout, mais aussi nos débats animés, notre patrimoine et notre culture, inégalés.
Si vous pouviez ramener quelque chose ou quelqu’un en Floride, ce serait quoi ?
Le Saint-Nectaire fermier.
Y a-t-il une habitude ou un rituel qui fait partie de votre quotidien ?
Je crois beaucoup aux rituels. Commencer la journée en apportant le café à mon épouse, faire ensuite le lit comme le préconise l’amiral William H. McRaven dans son livre « Si tu veux changer ta vie… commence par faire ton lit », puis partir pour la marche matinale et le sport quotidien, autant de piliers qui ancrent mon hygiène de vie.
Si vous deviez nous recommander un livre qui vous a marqué ou accompagné dans votre parcours, ce serait lequel et pourquoi ?
Je recommanderais deux ouvrages qui ont guidé et nourri mes principes : L’Alchimiste de Paulo Coelho, pour ses enseignements, faire confiance au chemin de sa vie, oser prendre des risques, ne jamais renoncer à ce qui donne du sens à son existence, et Méditations de Marc Aurèle, pour sa sagesse intemporelle : concentrer son énergie uniquement sur ce que l’on contrôle et se mettre au service des autres pour contribuer au bien commun.
Une chanson qui vous donne de l’énergie, que vous écoutez quand vous avez besoin d’un boost ?
« Là-bas » de Jean-Jacques Goldman et « Au cœur de la nuit » de Téléphone.
Un film que vous aimez particulièrement ou qui vous inspire ?
''La Vie est belle'' de Roberto Benigni et ''Il Postino'' [Le Facteur], avec le très beau rôle de Philippe Noiret.
Et enfin, s’il fallait résumer votre état d’esprit ou votre engagement en une phrase, laquelle vous représente le mieux ?
Être et rester positif pour continuer d’accomplir mes missions de soutien familial, d’apprentissage et de service.

C'etait l'interview de Thierry Bilbault, une vision tournée vers le service, nourrie par une vie d’expatriation riche et engagée,un profil expérimenté et résolument tourné vers les autres qui se présente aujourd’hui aux suffrages des Français de Floride à l'occasion des élections consulaires 2026.
Rendez-vous dans notre prochain portrait consacré à un autre candidat aux élections consulaires 2026, en attendant, n'oubliez pas de vos abonner à la newsletter de la Gazette de Miami, c'est nouveau !!
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Interview realisée avec passion par Paul-Eric Quentin, pour la gazette de Miami.