Derrière l'ancien membre des forces spéciales et le boxeur victorieux qui a marqué les esprits le week-end dernier au Hard Rock Hotel & Casino de Hollywood, se cache avant tout un homme de convictions, de partage et d'authenticité. Un entrepreneur passionné, profondément attaché aux valeurs humaines et aux rencontres, qui construit aujourd'hui sa vie en Floride avec la même détermination qui l'a accompagné sur les terrains d'opérations comme sur le ring.
La Gazette de Miami est allée à la rencontre de ce Français au parcours hors norme pour découvrir l'homme qui se cache derrière l'armure.

Cette semaine à Fort Lauderdale, il a remporté une belle victoire au BKFC, la plus grande et prestigieuse organisation professionnelle de boxe à mains nues, détenue par David Feldman et Conor McGregor, confirmant ainsi un profil déjà très remarqué dans le milieu des sports de combat.
Ancien membre des forces spéciales françaises (1er RPIMa de Bayonne), Romain Courcier a passé plus de dix ans sur des missions chirurgicales, périlleuses et exigeantes qui ont forgé sa discipline et son mental.
Expatrié et installé aujourd'hui en Floride depuis deux ans, il a choisi de poursuivre cette intensité dans les sports de combat, avec une transition réussie vers le Bare Knuckle Boxing mais Romain ne s'arrête pas au ring.
Il œuvre en parallèle en tant que business owner à la tête d'un camp d'entraînement en République dominicaine, il travaille à la préparation d'athlètes professionnels tout en accueillant d'autres sportifs globe-trotteurs. Depuis la période du Covid-19, il a ouvert les portes du tourisme sportif en Amérique latine.
Romain est également CEO d'un service traiteur et se prépare actuellement à l'ouverture de son propre restaurant sur Calle Ocho, à Miami, un projet très personnel, nourri par son attachement à la ville et surtout aux communautés locales, notamment hispaniques, avec lesquelles il a tissé des liens forts.
Entre rigueur militaire, mental de combattant et esprit entrepreneurial, il construit une trajectoire cohérente et assumée.
À Miami, il s'impose doucement comme un profil atypique, un Français qui ne fait pas que passer, mais qui s'installe, construit et s'ancre durablement dans le paysage local.
Après une très belle rencontre, Romain a accepté de répondre à une interview pour les lecteurs de la Gazette de Miami, raconter son parcours d'homme, simplement, et toujours avec cette énergie positive qui fait vraiment du bien.
Romain, avant de parler de boxe ou d'entrepreneuriat, qui êtes-vous lorsque vous retirez les gants et laissez de côté le costume de chef d'entreprise ?
Tout d'abord, merci à toi pour l'opportunité d'être présenté à travers ton journal, je suis avant tout quelqu'un de simple, jovial, accessible et respectueux. Reconnaissant de mon ascension, je m'efforce surtout de rester humble et de garder les pieds sur terre en permanence car, il faut se le dire, les États-Unis sont un tout autre univers. Ceux qui y vivent peuvent en témoigner.
Votre parcours est hors du commun. Quand vous regardez le chemin parcouru, de la France à Miami, quel moment vous rend le plus fier aujourd'hui ?
Je ne tire aucune fierté vaniteuse de mes succès car, par expérience, je sais que cela ne dure qu'un temps.
Tout ce qui a un haut a aussi un bas. Ici, tout va très vite, tu peux te vanter d'une gloire le lundi matin et finir aux oubliettes le vendredi suivant. Hélas, ainsi file le train du rêve américain !
Je valorise plutôt mes échecs, envers lesquels je suis très reconnaissant puisque, sans eux, je ne serais pas là où je suis aujourd'hui.
Ce sont toujours les moments les plus difficiles qui vous construisent et qui vous permettent de sortir de votre zone de confort, je dirais donc que ce qui me rend le plus fier, c'est d'avoir fait preuve de résilience après toutes les épreuves que la vie a placées sur mon chemin.
Nous savons que quitter son pays n'est jamais anodin. Qu'est-ce qui vous manque le plus de la France au quotidien ?
Certainement pas les gens qui râlent en permanence mais ma bourriche d'huîtres fines de Claire n°2 me manque, ah ah ah !
Romain, y a-t-il une odeur, un lieu ou une habitude française qui vous ramène instantanément à votre enfance ou à vos souvenirs ?
Ne me provoque pas, tu sais comme moi que je vais te vendre du rêve ! L'odeur du beurre salé qui crépite sur le feu, bien sûr !
Romain, après une carrière dans les forces spéciales françaises, qu'est-ce qui vous pousse encore à rechercher des défis aussi exigeants ?
Le syndrome ADHD, que veux-tu que je te dise ? La peur de l'ennui, la soif d'adrénaline... Je dirais plutôt cela : le cœur a ses raisons que la raison elle-même ignore.
Merci pour la question, mais ma motivation est intrinsèque. Cela reste privé.
Beaucoup de personnes vous connaissent comme un combattant. Quelle qualité humaine aimeriez-vous que les gens découvrent chez vous ?
La gentillesse n'est en rien une faiblesse, mais faut-il encore savoir la manier avec précaution. Je suis plutôt accessible comme type de personne, mais en aucun cas manipulable.
Je dirais donc ma générosité.
Nous avons appris que vous alliez bientôt ouvrir votre restaurant sur Calle Ocho. Qu'avez-vous envie que les clients ressentent lorsqu'ils franchiront la porte pour la première fois ?
C'est en réalité davantage un « Healthy Food & Bar », dont l'ouverture est prévue fin août. Un menu simple, aux saveurs de chez nous, avec une restauration rapide mais raffinée.

On a très hâte de venir vous rencontrer sur place. Miami est une ville où tout semble possible. Qu'est-ce que cette ville vous a appris sur vous-même ?
Oh oui, ici tout est à portée de main pour celui qui travaille. Rêver ne suffit pas ! Je travaille du lundi au lundi, sans jour de repos. Et avant d'en arriver là, il ne faut pas oublier qu'il y a en moyenne trois heures de voiture par jour et des réveils à 4 heures du matin tous les jours.
La vie a Miami..., Quel conseil donneriez-vous au jeune homme que vous étiez il y a vingt ans ?
Patience, jeune Padawan. Tout arrive à point à qui sait attendre !
Romain, nous avons la tradition à la Gazette de terminer nos interviews avec une touche plus personnelle.
Si vous deviez choisir une ville qui vous ressemble, laquelle serait-elle et pourquoi ?
La station Balneaire de Grand Bassam en cote d'ivoire.
Si votre vie était un livre, quel en serait le titre ?
« Un sentiment plus fort que la peur », de Marc Levy.
Si vous étiez un plat à partager entre amis, lequel seriez-vous ?
Un garba.
Si vous pouviez revivre une seule journée de votre vie, laquelle choisiriez-vous ?
Aucune. La vie est bien faite ainsi, il ne faut pas envier le passé.
Quelle chanson vous accompagne ou vous donne de l'énergie ?
« With or Without You » de U2.
Si vous pouviez dîner avec une personnalité, vivante ou disparue, qui inviteriez-vous à votre table ?
Coluche !
Un film qui vous a bouleversé et que vous recommanderiez les yeux fermés ?
Je ne suis pas très fan de la télévision.
Et enfin Romain, lorsque l'on parlera de vous dans dix ans, qu'aimeriez-vous que les gens retiennent de votre parcours ?
On est huit milliards d'habitants sur cette planète, chacun va penser et avoir une opinion différente, alors à quoi bon ?

Voila c'etai l'interview de Romain Courcier, et Au-delà du parcours impressionnant et des réussites, cette rencontre laisse surtout l'image d'un homme simple, direct et profondément humain, avec une vraie sincérité dans l'échange.
Un de ces profils rares que l'on prend plaisir à interviewer, mais encore davantage à croiser dans la vie, surtout lorsque l'on a déjà eu l'occasion de le connaître un peu en dehors des projecteurs.
À titre personnel, je te remercie, Romain, pour ta disponibilité, pour ta confiance et pour ce moment d'échange sans filtre. J'ai surtout eu le plaisir de retrouver l'homme derrière le combattant et l'entrepreneur : quelqu'un de vrai, fidèle à ses valeurs et résolument tourné vers les autres.
Je te souhaite le meilleur pour la suite, sur le ring comme dans tes projets, et je suis convaincu que les lecteurs de la Gazette de Miami auront autant de plaisir à te découvrir que j'en ai eu à partager ce moment avec toi.
Interview réalisée avec ❤️ par Paul-Eric Quentin pour la Gazette de miami, Juin 2026